dimanche 10 mars 2019

Cuisiner

Une passion comme une autre, à partager ! La cuisine fait plaisir à celui qui la fait et à celles et ceux qui la dégustent. Tout comme l'écriture ! 
Alors bonne lecture.


Cuisiner

J’aime mieux un tendre gigot ceinturé d’ail
Reposant au milieu des patates grenailles
Je préfère un rôti dans son jus juste cuit
Un volcan de purée pour savant tout petit
Je fonds comme le lard du magret de canard
Qui grille les chapeaux dénichés avec art

Je n’aime pas le caviar, petits œufs d’esturgeons
Un sac de billes noires plus coûteux que l’or noir
J’ai une dent, sans en mettre, pour le cresson
Un vert ornement devant rester dans les mares
Je n’apprécie pas ces coquillages vivants
Vinaigre, échalotes, reste encore le vin blanc !

Je préfère les gâteaux crénelés en château
Que l’on peut déguster tout autour de Bordeaux
Ou bien le cacao en beurre, en plaque, en pot
Noir, blanc et toutes les diverses variations
J’adore cuisiner quelle que soit la saison
Mitonner, accommoder, sans limitations


dimanche 3 mars 2019

Vieilles pierres


Pour tous les promeneurs des sentiers battus ou non, qui vont découvrir au hasard d'un virage des pierres, des vestiges de l'ancien temps, lointain ou non, ou qui veulent simplement observer, découvrir...
Bonne promenade et bonne lecture

En fond de vieilles pierres
Sous un ciel nuageux
Bien que très lumineux

Devant quelques statues
Un visage érodé
Des oreilles cassées

Ces pupilles de roche
En ont vu défiler
Des centaines de pieds

Esclaves, nobliaux
Pèlerins et touristes
Tous ont suivi la piste

Et se retrouvent là
À contempler la pierre
Qui était là hier

De multiples photos

Des instants éphémères
Résurrection des pierres

Kirkstall Abbey, Leeds




dimanche 24 février 2019

Bannières déchirées

Rendons à Rimbaud ce qui lui appartient, le poème Bannières de Mai. Dans une sorte de contrainte oulipienne, ce poème déchiré (en gras) donne vie à un autre poème.
Bonne lecture.


Aux branches nues et claires, canopée en dentelle
Meurt le bonhomme Hiver. Se taisent les flocons
Mais des chansons sifflées s’envolent à tire-d’aile.
Voltigent les bourgeons, éclosent les boutons
Que notre sang soit sève, que notre vie soit rêve
Voici s'enchevêtrer verte Dame Nature.
Le ciel est délavé, les nuages se lèvent
L'azur laisse éclater sa blanche chevelure
Je sors. Si un rayon laisse éclater sa joie
Je succomberai là, où mèneront mes pas.

Qu'on patiente un instant, un jour, une heure, un an
C'est trop simple d’attendre qu’arrive un geste tendre.
Fi de tous ces moments glissant sous le vent,
Je veux ton corps étreindre. Mon désir en méandres
Me lie à tes caprices. Mes jours ne s’embellissent
Que par toi, mon amour, parés de tes atours.
Ah moins seul et complices, que nos cœurs éblouissent
Au lieu que de faner. A chaque carrefour
Meurent quelques possibles, soyons indivisibles !

Je veux bien patienter, je veux bien espérer
A toi, nature offrir la soif de mon désir
Et ma faim insatiable. Je ne suis pas coupable
Et, s'il te plaît, arrête la poudre d’escampette.
Rien de rien sans regret je ne veux que t’aimer.
C'est rire que de dire : rien ne peut s’assombrir
Mais moi, comme une fable, je reste indéchiffrable
Et libre. Une comète aux multiples facettes.